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 we own the night. (scar)

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capulet



Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. − et je l'ai trouvée amère. − et je l'ai injuriée..
☾ avatar : nicola peltz.
☾ querelles : 803
☾ destiny : 28/09/2017
☾ territories : au nord de la rivière verona, dans le manoir des capulet.
☾ relationship : silas ☾ scar ☾ fidelio ☾ simonia ☾ rosalie ☾ raven ☾ alexis ☾ bonnie.

bang bang
. ✦ ⊹ Lun 29 Jan - 16:37 ⊹ ✦ .

Ta silhouette se dessine, dans la nuit. Longue robe blanche, virginale, de soie. Talons au pied. Dos nu outrageusement échancré. Mais, toujours, tu joues la carte de la candeur. Avec ton petit minois angélique, on te pardonne tout. On te croit inoffensive. Absolument pas habillée pour l'occasion, tu gravis les marches de l'église. Un lieu que tu fréquentes souvent, à la recherche d'une rédemption que tu sais impossible. Tu pries pour le rachat de tes péchés. Mais tu recommences le lendemain. Le cercle infernal de tes vices reprend toujours. Néanmoins, tu pousses la lourde porte sculptée. Tu fais le signe de croix, les yeux fermés, et humes l'odeur de l'encens. Un des rares lieux où tu te sens véritablement bien. Ton coeur, apaisé. Cette accalmie ne durera pas. Ton âme est habitée d'impétueux désirs. De sombres pulsions, qui te torturent.

Tu avances d'un pas décidé, comme si tu étais maîtresse de ces lieux. Tu l'es. Tu es une Capulet, tout t'appartient, dans cette partie de la ville. Vous avez déjà tout conquis ici. L'objet de ta visite se trouve à quelques mètres de toi, plongé dans la prière. Tu t'en contre-fous. Tu ne respectes rien. Les hommes d'église ne t'impressionnent pas. Il n'y a pas grand monde qui t'impressionne, d'ailleurs. Tu n'as même pas besoin de lui dire un mot. Il est habitué à te voir ici, et c'est toujours pour la même raison. Las, il se dirige, par habitude, dans le confessionnal. Tu le suis, à pas de loup. Installée, tu te plonges dans la prière, tu serres fort ton chapelet dans ta main et lui dis, de ton ton le plus blasé du monde: « Bénissez moi mon père, parce que j'ai péché. » Puis commence la longue litanie de tous les actes répréhensibles que tu as commis. Enfin, pas tous. Tu n'as pas six heures à consacrer à cette confession.

****
**

Soulagée, lavée de tes péchés, tu quittes l'église. Innocente, comme l'agneau. Tu te sens bien. Apaisée. Une nouvelle jeunesse. Néanmoins, tu sais que tu ne peux guère rester pure très longtemps. Inévitablement, tu reviens à tes vieux démons. Un tas de pensées malsaines tournoient dans ta tête. Presque automatiquement, comme si tes pieds agissaient indépendamment de ta volonté, tu te diriges vers le Wonderland Nightclub, haut lieu de la jeunesse branchée de la ville. Un club que détient ta famille. Encore un lieu où tu es reine et invincible. Comble de l'ironie, il est à deux pas de l'église. Tu rentres à l'intérieur. Hochements de tête par dizaine, on remarque ta présence et on t'offre immédiatement une coupe de champagne, que tu portes à tes lèvres nacrées. Tes bonnes résolutions n'ont pas tenu très longtemps. Tu analyses la salle du regard, à la recherche d'un éventuel ennemi. Quelqu'un qui ne devrait pas être là. Mais rien. Ce sont toujours les mêmes visages.

Tu finis ta coupe de champagne et la donne au premier manant que tu croises. Une fois de plus, tu te demandes ce que tu fais là. Si tu correspondais à l'image d'enfant modèle que tu as auprès de tes parents, tu devrais être dans ta chambre, à finir ta dissertation pour le lendemain. Un cours auquel tu n'iras tout simplement pas, car tu as mieux à faire. Et tu n'éprouves aucun remord. Quelque chose manque à ton bonheur ce soir, et tu sais très bien ce que c'est. Alors, tu t'éclipses aux toilettes. Face au miroir entouré de néons, tu te regardes. A la fois fascinée et dégoûtée par ce que tu vois. Déçue de voir que tu n'arrives pas à rester dans le droit chemin plus de dix minutes. La chair est faible...

Alors, tu sors ton éternel petit sachet de coke. Un beau sourire, véritablement heureux, se dessine sur tes lèvres. Et tu te fais un rail. Tu le savoures. Tu es tellement plongée là dedans que tu ne vois pas la porte s'ouvrir. Tu relèves la tête, soudainement paniquée. Tout le monde connait tes parents ici, tu n'aimerais pas qu'on aille raconter que toi, le petit ange, l'enfant parfaite, sniffe de la coke dans les toilettes du club Capulet. Et là, tu la vois, elle. Scar. Une fille que tu fréquentes, depuis quelques temps. Mais elle reste un mystère. Tant mieux. Une présence magnétique. Et, du peu que tu sais d'elle, tu l'admires. Tu aimerais lui ressembler. Tu n'as jamais très bien choisi tes modèles. Tes yeux brillent, en la regardant, et tu lui dis, d'une voix toute innocente: « T'en veux ? »
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night vale



☾ avatar : suki
☾ querelles : 704
☾ destiny : 28/09/2017
☾ territories : le sud après avoir grandi à l'ouest
☾ dustland dreams : gravir la tour d'opale de l'échelle sociale et jouer au sale môme qui bousille la fourmilière rien que pour le plaisir de noyer le désert sous les rivières pourpres

bang bang
. ✦ ⊹ Lun 29 Jan - 22:15 ⊹ ✦ .
Sous les néons phosphorescents des rues désertes, Scarlett rase les murs. Elle a cette façon féline de se mouvoir, la démarche souple d'une danseuse qui avale les pas en effleurant à peine le sol sous ses talons. On pourrait presque croire qu'elle vole, qu'elle plane mais lorsqu'elle le fait, ce n'est jamais anodin. C'est souvent pour disparaître, pour s'évaporer à la vue des autres et ce besoin de s'estomper derrière les paupières closes est rarement innocent. Elle est illusionniste la belle, a l'habitude de créer des mirages, de jeter de la poudre aux yeux pour mieux tromper, laisser un souvenir indélébile, certes, mais évanescent. C'est facile, elle est un putain de mirage, une version faussée et parcellaire d'elle-même répétée à l'infini, différente pour chacun.
Et surtout, Scar sait s'y prendre avec les pigeons, elle est tout ce qu'ils veulent qu'elle soit, les fait or entre ses doigts, colonise leurs envies, leurs passions, leurs goûts et même leurs doutes jusqu'à les faire siens, jusqu'à leur offrir ce portrait qu'ils croient aimer alors que chez elle, il n'y a rien à aimer. Qu'une jolie enveloppe composée de vide, qui cache le brûlant de l'acide de son âme, un chaos tonitruant, glauque, sale. Vengeur. Et la faible minorité de ceux qui ne sont pas des prédateurs dominants dans cette ville désunie, ils se font baiser. C'est le cas d'Henry, l'actionnaire sénile qui aime la promener à son bras et qui revient toujours. C'est un veuf, doux et tremblant, le genre à chialer devant la beauté de ses courbes, la tendresse de sa peau nue contre la sienne alors qu'il ne devrait pas y toucher, question de déontologie, qu'il dit. Il est incapable de la prendre, parfois même de bander, il a juste besoin de toucher, d'être caressé, pour rechercher une forme d'affection que Scarlett devrait trouver touchante, émouvante, mais qu'elle pense seulement pathétique. Henry, il lui trouve des airs de sa femme, la seule qu'il ait aimée. Il l'appelle Charlotte et souvent, il lui offre ses fringues, du Chanel, du Dior, du vrai vintage des années cinquante qui sentent encore numéro 5 et l'odeur rance de la naphtaline. Elle devrait pas, Scar, mais elle en profite. Elle joue la corde de la nostalgie, elle imite l'accent affecté qu'elle imagine à une femme de la haute, une femme du nord, elle le laisse les confondre, susurrer des mots doux ou pleurer, sans oublier de lui rappeler son indéfectible loyauté, une fois sa patience écoulée. Car Henry est un proche conseiller des Capulet, vieillard estimé qui aligne les cadeaux, les soirées sans pour autant la baiser. Il est gentil mais Scar, elle, elle ne l'est pas. Elle a grandi en étant privée de ce sentiment de sécurité, de stabilité, dans un désert affectif qui l'a brûlée jusqu'à l'âme et maintenant, il est trop tard. Tout est aride à l'intérieur, son palpitant n'a rien d'un coeur, c'est à peine une pompe et elle n'a aucun scrupule à aller revendre la parure sublime qu'il lui a offerte, paradant à son bras comme si elle pouvait réellement être sienne. Pauvre fou.

La liasse de billets verts a remplacé le poids de la chaîne autour de son cou et Scar presse le pas, par habitude. Personne ne se risquerait à la détrousser, au-delà de la rivière, mais sa méfiance est organique, inscrite au fer rouge au plus profond de sa chair, chevillée au corps par la misère. L'argent salement obtenu en abusant de la tendresse d'un homme fané, c'est son sésame pour le monde d'en-haut, l'univers feutré et décadent des Capulet auquel elle n'appartiendra jamais. Elle n'en veut pas, Scar, cherchant seulement avidement l'étincelle plus forte que les autres susceptible de provoquer l'explosion qui les cramera tous. Et dans l'attente, elle observe. Se mêle. Aiguise leurs armes pour les faire siennes, range les griffes et lisse ses esquisses mauvaises derrière des minauderies enjôleuses. Elle offre son minois le plus angélique, Scarlett, seulement relevé de la juste dose de sous-entendus. Elle suggère, la nymphe, les trésors dont elle recèle, sans jamais trop en dévoiler. Scar est verrouillée à l'intérieur, laissant seulement Scarlett évoluer avec grâce et volupté, loin du bruit et de la fureur. Elle colonise, coeur après corps, teste les flammes ici et là ... et multiplie les ébauches audacieuses.
Une flûte de champagne à la main, une sérénité languide comme seul masque sur ses traits de poupée, Scarlett embrasse la foule. Derrière le calme apparent de ses courbes de liane, la tempête domine : les noms défilent à l'intérieur, immédiatement rangés par famille, connectés entre eux à la vitesse de la lumière. Elle suit le ballet des uns et des autres, repère le circuit de la drogue à l'abeille, la maudite, cherche à devenir témoin privilégiée des comportements décadents, oscillant entre chantage et protection, carotte et bâton. Toute à son jeu de dupes où elle est le seul personnage omniscient, la reine à deux coups d'abattre son roi, Scar repère la chevelure de lune qui s'éclipse loin de la foule, l'éclat d'argent sur la peau d'opaline : Ruby. Précieuse petite Ruby, instrument le plus tangible de sa tragédie personnelle. Pour une mère arrachée à la vie, pour une pauvre femme réduite au néant des drogues et de l'opium du peuple, Scarlett rêve de prendre une fille. En elle, la distance des années se gomme et le visage d'Eden de la jeune Capulet se trouble jusqu'à revêtir les traits fatigués, marqués de Shelby Salinger. L'une deviendra l'autre, c'est la loi du Talion, la seule qui mérite son approbation pleine et entière. Le paradis gommé par l'enfer qu'elle soupçonne déjà à l'intérieur ... Le chaos qui l'attire.

Alors Scar, elle prend son temps. Glisse une oeillade langoureuse à l'homme qu'elle ignorait subtilement depuis de longues minutes, plus que consciente de son regard pesant sur sa poitrine subtilement dévoilée. Elle sourit, Scarlett et disparaît, non sans presser pour une seconde au goût d'éternité ses courbes contre son dos. « Je reviens dans une minute ... » Ton chaud, mensonge plus brûlant encore d'une promesse qu'elle sera loin d'honorer. La belle s'évapore, rejoint son Eurydice non pas pour l'extraire des enfers, mais pour l'y conduire plus loin encore.
Et elle l'aide sans le savoir, l'ange blond, minois dans la poussière blanche dévoré par une crainte de proie. De biche, elle qui n'en a que l'allure. Scar lui adresse un sourire énigmatique, flottant vaguement sur ses pulpeuses alors qu'elle la rejoint, laissant à la pulpe de ses doigts le soin de goûter au rail, pour mieux les laisser papillonner contre les lèvres pleines de sa poupée. « Non princesse, j'ai mieux. » Scarlett ménage son suspense, timbre d'or et gestes veloutés, placides, loin de la violence tapie en elle. Elle s'éveille parfois, malgré le contrôle drastique qu'elle impose sur ses traits, mais pour la sublimer seulement : elle se glisse parfois dans le creux d'un sourire, offre un éclat singulier à ses prunelles, enflamme un geste sulfureux ... en filigrane. « Approche ... » et Scar, elle glisse une pilule entre ses lèvres velours, laisse sa jolie Ruby gommer la distance entre elles jusqu'à épouser ses courbes des siennes dans un corps-à-corps chaste, qui frôle là où elle ne sait généralement que prendre et bousiller. Une main colon caresse une mèche floue, effleure l'orée de sa poitrine, se presse contre sa hanche à l'instant où ses lèvres viennent goûter aux siennes dans un baiser friandise supposé distiller une pointe de désir, juste au creux des reins, créant un besoin suave sans l'alimenter. Elle l'embrasse comme on souffle une promesse d'éternité et profite de l'élément de surprise pour glisser la pilule de ses lèvres aux siennes. La douceur, la gravité, l'intensité de la scène ressemble à l'offrande d'une vestale à sa déesse, alors qu'en réalité, l'araignée patiente tisse déjà la toile de la dépendance. A la drogue plus forte, plus dangereuse que la cocaïne, celle qui a perdu définitivement maman. A elle. A sa propre perdition. Les opales intenses de Scar, fiévreuses et magnétiques, sont toutes entières absorbées par le spectacle offert par Ruby, si proche d'elle. Et pourtant si loin, la belle d'en haut face à la succube du bas. Ce que sa tragédienne ignore, c'est que cette pilule est létale, composée par ses soins lors d'un soir d'errance avec son propre frère. Qu'elle ignore tout des effets qu'elle produira et qu'à l'intérieur, son myocarde malveillant ronronne d'avance. « Tu vas t'envoler avec ça. » souffle-t-elle, tentatrice qui n'a pas l'air d'y toucher, sourire insondable au coin des pulpeuses. Oui, elle va s'envoler Ruby. Ce soir, et tous les autres. Elle va monter de plus en plus haut, de plus en plus loin, et Scarlett sera là pour la guider à chaque étape, main amie entre ses phalanges, lèvres pressantes contre les siennes, murmure à son oreille, entaille contre sa peau.
Et lorsqu'elle sera montée si haut, la funambule, la corde rompra et d'en-bas, elle sera là pour recueillir la rouille et l'os, le sang et le sale afin de l'offrir en pâture à ce qu'il restera des Capulet, Icares arrogants volant haut dans les cieux, trop proches du soleil.
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capulet



Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. − et je l'ai trouvée amère. − et je l'ai injuriée..
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bang bang
. ✦ ⊹ Mar 30 Jan - 9:43 ⊹ ✦ .
La musique techno retentit dans tes oreilles et tu fermes les paupières, bercée par cette musique décadente. Tout comme ce club, où les pires atrocités peuvent se passer, dans des recoins sombre, derrière les portes fermées. Vous filez ces petites pilules si nocives, à n'importe quel con qui ose s'aventurer ici. Sur tes terres. Mais ce que tu préfères, c'est quand de petites brebis égarées, de pauvres innocents y goûtent, eux aussi. Les abeilles brillent dans la nuit et tu te délectes de cet empoisonnement général. Tu les hais, tous autant qu'ils sont. Qu'ils crèvent. Mais pas trop vite, histoire que tu aies le temps de venir prendre quelques photos. Quelqu'un qui agonise, qui se tort sous la douleur, ça, tu ne l'as jamais pris. Mais tu en rêves.

Et puis, Scar arrive. Imprévue, comme toujours. Sa présence devrait te mettre mal à l'aise, t'inquiéter. Car il y a quelque chose de fou dans son regard, de profondément sauvage, qui pourrait te faire peur, toi, l'ingénue qui a grandi trop vite, mais qui garde une part d'enfance en elle. Toi qui ne connaît rien de la vie, mais qui te prends pour une grande philosophe. Sous l'effet de la drogue et de la musique, tu baisses la garde. Tu crois pouvoir dire non, pouvoir contrôler la situation. Après tout, tu es reine ici. Rien ne peut t'arriver.

Elle est là et te sourit. Tu lui ferais presque confiance. Ses gestes sont souples et doux. Comme si elle entamait une danse savamment répétée. Son regard est sombre, mais aveugle, tu n'en saisis pas la noirceur. Tu te laisses porter, tu ne réfléchis plus - tu n'es pas en état de le faire, à vrai dire. Elle t'appelle à elle. Magicienne, sorcière peut-être, Circé, qui t'hypnotise et ne te laisse pas le choix. Aucune protestation n'est possible. Alors, hésitante, mais fière, toujours en confiance dans ce lieu que tu connais par coeur, tu avances vers elle. Une démarche de somnambule, dans ce cauchemar qu'est devenue ta vie. Tu la fixes, de tes yeux de biche. Tu ne te rends même pas compte que tu es si près d'elle, collée contre elle. Tes sens t'ont quittée, ce soir.

Et là, ses lèvres rejoignent les tiennes. Une légère décharge te parcoure l'échine, électrisée par ce contact soudain et interdit. A sa merci, tu ne te débats pas, tu goûtes à cette étreinte avec appétit. Poupée désarticulée, malléable, sans volonté. Ton coeur cogne dans ta poitrine, presque à t'en faire mal. Mais ces basses considérations n'occupent pas ton esprit. Seul l'instant existe. Et Scar. Tu te complais dans cet abandon, dans cette dépendance qui naît. Au moment où tu t'apprêtes à saisir sa nuque de ta main, histoire de te persuader d'un certain contrôle de la situation, elle quitte tes lèvres, et tu restes là, abasourdie, la bouche entrouverte, le souffle saccadé. Effet de la drogue, effet de la musique. Enfin, c'est ce dont tu veux te persuader. Tu ne peux pas supporter qu'on puisse avoir un tel effet sur toi. Tu es une Capulet, et, en temps normal, c'est toi qui doit provoquer de tels sentiments. Etre l'enchanteresse qui provoque l'effroi. Mais ce soir, ce rôle ne t'appartient plus.

Tu devrais savoir qu'on n'accepte pas de drogue, de qui que ce soit. A part de son dévoué dealer. Tes parents t'ont bien appris qu'il est hautement dangereux, d'accepter de tels présents. Qu'importe. Tu veux vivre, sentir ton coeur accélérer, voir tes perceptions s'altérer, oublier cette existence absurde et minable. Oui, tu as beau être une Capulet, tu n'es pas heureuse. Surtout que maintenant, tu sais que tu n'es pas unique. La révélation de l'existence d'une soeur cachée te mine de l'intérieur. Tes entrailles se tordent à cette pensée. Tu les chasses de ton esprit, bien décidée à ce que cette imbécile ne gâche pas la nuit qui s'annonce.

La pilule est dans ta bouche et Scar te promet un envol. Tu ne rêves que de cela. Un petit sourire malicieux se dessine sur tes lèvres charnues et tu dis, la voix légèrement tremblante, chamboulée par ce qu'il vient de se passer. « Qu'est ce que c'est ? » Voix douce, innocente, de l'enfant que tu es, au fond.

La nouvelle drogue n'a pas encore fait son effet. Tu fixes Scar un instant, interdite. Comme si tu te rendais compte, l'espace d'un instant, des conneries que tu étais en train de faire. Mais cet éclair de lucidité ne dure jamais chez toi. Sans cesse, tu sombres de nouveau dans l'abîme. Tu provoques le chaos, et te vautres dedans. Il s'appelle et tu y sautes à pieds joints.

Tu veux encore et toujours te persuader de ton libre arbitre. De ton pouvoir. Alors, tu saisis sa main, avec vigueur et lui dis: « Viens, on va danser. » tout en l'entraînant dans la boîte, plongée dans l'obscurité, à l'exception de quelques stroboscopes, qui donnent des allures de fantômes à tous ses gens qui se déhanchent mécaniquement. Tu veux danser avec elle, contre elle et t'enfoncer un peu plus dans les ténèbres.
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night vale



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bang bang
. ✦ ⊹ Mer 31 Jan - 20:23 ⊹ ✦ .
Scarlett avance à pas prudents, funambule agile sur le fil des Parques. Elle glisse gracieusement contre les lignes de sa portée, alterne les longs silences qui créent le manque et les notes mélodieuses enchanteresses pour attirer sa jolie princesse dans une symphonie virtuose. Ruby, c'est le chat de Shrödinger, à la fois présente et absente, morte et vivante le temps d'un battement de paupière, son sort se modèle au rythme des humeurs de Scar, aux finitions d'une vengeance qu'elle rêve absolue et esthétique, sanglante et suave. Et aucun instrument ne saurait être plus parfait que le minois d'ange aux songes sauvages et désaxés. Elle ressemble à Shelby Salinger, Ruby. Même blondeur pâle, même silhouette brindille et même visage de poupée perdue, de figurine trop naïve et trop aventureuse, dans un marasme toxique qui ne peut qu'amener à la collision. Mais c'est au coeur de ses opales immenses que siège la ressemblance la plus absolue : le trouble, la lueur vacillante de ceux qui sont faits pour briller ou chuter. C'est une faible lumière, à peine une étincelle chez Ruby, loin de l'incendie qui brillait chez Shelby et la rendait toujours inflammable, fragile ou violente, en larmes ou en coups. Mais c'est à elle qu'elle s'accroche Scarlett, c'est là qu'elle souffle les braises pour faire chuter la princesse aux genoux écorchés, pour qu'elle la rejoigne au creux des abysses et plus bas encore.
Et Scarlett dénuée des ombrages du coeur, du poids mort des sentiments, elle croit bien qu'elle l'aime sa poupée, comme on tombe pour un tableau qui prend aux tripes ou un bouquin qui renverse l'âme, des émotions qui savent la prendre en tenailles pour les oeuvres inanimées que les gens méprisables sont bien loin d'atteindre. Parce que Ruby, contre son corps, contre ses lèvres, n'est déjà plus femme. Elle se révèle bijou, relique teintée de pourpre sagement entreposée dans le musée de son esprit pernicieux. Les lèvres de la tentatrice se séparent douloureusement de sa proie et Scarlett s'abreuve de ses traits à la jeunesse insolente, du charnu de ses lèvres qui tremblent un peu, mélange toxique d'incompréhension et d'excitation. La pulpe de son index vient caresser le rebondi de sa bouche pour en retracer la courbure idéale. "Je l'ignore." souffle Scar contre les lèvres de sa poupée, cherchant à distiller la crainte dans ses veines, à l'attirer sous ses jupes qui la protégeront de tout sauf d'elle-même. Et c'est vrai, elle ignore la bombe au fond de sa gorge, fruit d'une nuit de folie(s). C'est ce qu'elle murmure inconsciemment, sans jamais se détacher de ses courbes d'enfant ayant grandi trop vite. "Mais c'est apparemment votre poison le plus puissant, celui auquel vous n'osez pas goûter." Elle est là, l'ironie du sort. Ils empoisonnent à tour de bras, les Capulet, cachés derrière leurs hautes tours d'opale. Ils font battre les coeurs et condamnent la jeunesse en s'en lavant les mains, sans jamais succomber à leur propre poison, préférant le confort de la cocaïne. Lâches. Tous, lâches. Mais Ruby ne l'est pas, Scarlett le sait bien. C'est sa soif d'émancipation qui l'aide à la conduire plus loin encore, qui l'éloigne de sa route toute tracée pour l'enivrer des ténèbres qui la nimbent déjà. L'ange a déjà soif du diable, au sol, il suffit de lui briser les ailes pour s'assurer qu'elle ne s'envolera plus jamais ...
Ruby digère la nouvelle. Ses traits se figent comme de la porcelaine et Scar pourrait presque sentir sous ses doigts les fêlures à l'intérieur, celles colmatées à l'or qui remontent à la surface alors que la poupée accuse le choc, perdue dans les toilettes d'un énième lieu de débauche. Elle cherche contenance, la belle et Scarlett demeure suspendue au moindre de ses gestes, opales enfiévrées et gestes feutrés, tendres. Elle suit le ballet de la jeune Capulet qui l'entraîne à la lumière des néons, qui calque sa main dans la sienne, paume contre paume. Scar ondoie à sa suite, ignore les silhouettes qu'elles effleurent, prunelles rivées sur la nuque gracile de Ruby, qu'elle pourrait briser d'une simple pression. La musique tambourine contre son crâne, résonne jusqu'à ses os et elle observe telle un prédateur la silhouette de Ruby qui ondule sur de la musique merdique. Ses lèvres esquissent un sourire appréciateur face au spectacle de la blonde sous les lueurs fantomatiques qui l'entourent d'une aura envoûtante, presque ésotérique, petit chaperon rouge grimé en loup. Les regards sont nombreux à converger vers elle et sa peau dévoilée, elle et sa robe virginale, si proche de la carnation de son épiderme qu'elle ressemblerait presque à une nymphe au clair de lune. Nue. Les yeux clos, Ruby se laisse porter vers un monde qui n'appartient qu'à elle et Scarlett détaille de longues minutes le spectacle de la drogue qui embrume son esprit, délasse son corps de liane, désinhibe ses gestes sensuels. Un homme s'approche déjà d'Elle, démarche conquérante et clin d'oeil graveleux à sa bande de potes avec l'air de murmurer qu'il va la serrer. C'est sans compter sur Scarlett, assez proche pour lui griller la priorité. Elle glisse dans le dos de Ruby, presse sa poitrine contre son dos, enroule des bras colons le long de ses hanches qui balancent déjà contre ses reins pour se mouvoir, charnelle, au rythme de la musique. Ses lèvres balaient la nuque de la poupée, frôlent comme une plume, remontent jusqu'à son oreille qu'elle mordille avec délicatesse. "Ils n'ont d'yeux que pour toi..." Et c'est lassant, non ? C'est ce qu'elle rêve de l'entendre dire. Que c'est épuisant, d'être une Capulet, scrutée, disséquée, désirée pour des raisons multiples qui ne sont jamais passionnelles, sans motif, sans raison. Ceux qui n'en veulent pas qu'à ses reins dans un pari grossier désirent sa main, son prestige, ses thunes, sa famille. Mais qui t'aimes pour ce que tu es, Ruby, hein ? Qui peut embrasser ta noirceur, tes désirs inassouvis, les photos profondes que tu dissimulent sous tes jolies robes ? "C'est pathétique." conclut-elle de son timbre indécent, plus chaud encore que l'épiderme de la belle qui roule sous ses phalanges.Moi je le pourrais voilà ce qu'elle souffle en silence, Scar. Scar qui danse contre elle, Scar qui a rangé ses griffes pour ronronner contre ses chevilles, Scar qui la soigne, lui offre des pilules pour lui libérer le coeur, lui propose la liberté et l'oubli. La plus essentielle, la primitive : la fin de tout.
Une foule compacte les toise, les hommes les dévorent du regard et lorsque la musique s'achève pour lancer une énième merde électronique, Scarlett entraîne Ruby à sa suite. Loin de leurs rétines avides, loin des rumeurs qui enflent si jamais la drogue se lit dans ses prunelles, dans ses gestes acérés. Elle fend la foule, impériale et fière, n'accorde aucun regard à ceux qui cherchent son attention, qui effleurent sa peau et l'interpellent. La nuit chaude de Night Vale les écrase et Scarlett couve Ruby de ses prunelles fauves, attentives. "Qu'est-ce que tu ressens ?" Qu'est-ce que ça te fait à l'intérieur ? Est-ce que tu as mal ? Est-ce que tes fondations s'effondrent, délivrées du poids des apparences ? Elle ne libère pas sa main, prisonnière volontaire de ses phalanges, silhouettes évanescentes s'éloignant des néons et du culte des apparences qui règne au nord. Scarlett n'a pas d'autre souhait que d'éloigner Ruby des vautours qu'elle connaît, de l'écarter de sa famille, de ses amis, de tous ceux qui ne peuvent savoir ce qui se trame à l'intérieur. Elle rejoint la rivière, jolie frontière entre l'opulence et la misère. Mais elles n'y sont pas seules ... Une silhouette assoupie attire l'attention de Scarlett, de l'autre côté du rivage. Côté sud. Le pont est loin mais ses instincts aiguisés la poussent à traverser la rivière tempérée, attirée par l'odeur singulière du carnage. Scar délivre ses courbes de leur fourreau de soie, qui glisse sans bruit jusqu'au sol. Ses escarpins suivent rapidement et la belle traverse la rivière en lingerie fine pour rejoindre la silhouette évaporée. C'est une jolie jeune femme aux cheveux clairs, qui n'a rien faire au sud. Elle a l'air d'une belle endormie, traits pâles et apaisés ... seul le pourpre qui macule ses poignets et une gourmette masculine entre ses poings serrés changent la donne. Les vertiges de l'amour, la beauté singulière du désespoir, le spectacle du chaos. Celui qu'elle doit apprécier, Ruby, jusqu'à l'imiter dans un grand final éblouissant. "Ruby ?" Scarlett l'appelle doucement, comme le petit prince appâtant son renard. "Viens voir, je crois qu'elle est encore en vie." C'est faux, ses veines sont déversées dans le sable, bues jusqu'à la lie. Mais elle est plus belle ainsi et à l'intérieur, son palpitant cogne férocement, gorgé d'espoir de plaire à sa poupée macabre.
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Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. − et je l'ai trouvée amère. − et je l'ai injuriée..
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bang bang
. ✦ ⊹ Mer 31 Jan - 20:36 ⊹ ✦ .
Depuis toujours, tu n'es qu'une poupée de chiffon, malléable, influençable à souhait. Pourtant, tu prends tes grands airs, tu déclares sans cesse son indépendance, tu joues à la fille forte. Mythomane à souhait. Alors, ce soir ne fait pas exception. Tu es une marionnette entre ses doigts agiles, hypnotisée par ses yeux sombres. Si elle te demandait de te jeter par une fenêtre, tu serais capable de le faire. D'ailleurs, impossible d'expliquer cet attrait, cet impératif qui te pousse à faire ce qu'elle te demande. Quelle honte, de se laisser manipuler de la sorte et ici, en plus. Erreur de débutante, que tes illustres parents n'auraient jamais fait. Et surtout accepter une drogue, en sachant pertinemment que le coin regorge de substances atrocement nocives, qui pourrissent la ville, grignotent des vies à une vitesse fulgurante. Au fond, tu sais que c'est dangereux, véritablement mauvais pour toi, et c'est ce qui t'attires. Tu cherches cette autodestruction, tu l'appelles même. Tu veux souffrir et quoi de mieux que de souffrir entre les doigts de cette blonde succube...

La drogue est déjà en toi quand tu entends des mots qui te glacent d'effroi et t'excitent à la fois. Un frisson te parcourt tout entière. On t'a déjà parlé de cette drogue, bien sûr. Poison est véritablement le mot. D'ailleurs, ton père t'a fait jurer, il y a plusieurs années de cela, de ne jamais y goûter. Tu n'es destinée qu'à la vendre, à regarder ces armées de camés déambuler dans les rues à la recherche de ces petites pilules et à rire de leur sort. Ironie du destin, te voilà toi, la pure et douce Capulet, à ingérer ce poison. Tu trembles. Effarée, choquée, au bord du gouffre, face à ce démon aux yeux clairs, qui te fixe. Une soudaine haine envers elle t'envahit, une haine qui ne durera pas. Alors, un ton atrocement détaché, comme si tu lisais une page de l'annuaire, tu lui dis: « Tu sais que ce club appartient à ma famille, n'est ce pas? Un geste de ma part et ils te descendent. »

Mais ton énervement passager s'éteint bientôt, emportée par la musique et par ce que tu viens d'ingérer malgré toi. Le sang bat dans tes tempes, ton coeur cogne à tout rompre dans ta poitrine. Prêt à exploser. Désorientée, tu ne sais pas exactement où tu vas, ce que tu fais, tout ton esprit est embué. Peu à peu, tu ne maîtrises plus rien. Ton corps se meut au rythme de la musique, contre l'empoisonneuse. Vos silhouettes se collent, tanguent ensemble. Deux blondes qui ne sont presque plus qu'une, au milieu des loups qui rôdent. Des hommes qui vous épient, sans gêne aucune. Tous te regardent, vous regardent, hypnotisés par ce spectacle, de cette femme qui dépose ses lèvres à ta nuque. Ceci doit sûrement susciter des idées, dans leurs petits cerveaux de minables. Oui, tu n'as aucune considération pour tes semblables, même quand ils ont prêté allégeance à ta famille. Toute cette foule te débecte, et même droguée jusqu'à la moelle, tu ne peux faire taire ta misanthropie. Les paroles de Scar trouvent un écho en toi, bien sûr. Et, comme toujours, tu balances une méchanceté d'un ton blasé au possible: « Des chiens. Tous autant qu'ils sont. »  Néanmoins, tu aimes t'offrir en spectacle. Les drogues que tu viens de prendre n'arrangent en rien la chose.

Alors, tu te déhanches contre elle, caresses ses cheveux, encercle son visage de tes mains. Sans tendresse, sans sentiment quelconque, mais habitée par une fièvre, une fureur de vivre, un besoin de tout embrasser, de tout embraser, de tout posséder, elle y compris. Et de leur montrer, à eux, à cette meute médusée, que tu ne leur appartiendras jamais, que c'est toi qui contrôle ce qui se passe ici et que tous, Scar incluse, sont tes objets, tes propriétés, puisqu'ils ont foulé les terres Capulet. Bien sûr, tout ceci est factice, puisque tu ne peux rien contrôler, au vu de ton état à l'heure actuelle. Ton esprit, déjà détraqué de nature, ne semble plus vraiment fonctionner. Tu agis sans aucun filtre, portée par la musique et les gestes de la belle Scarlett. Néanmoins, tu gardes toujours, dans un petit coin de la tête, un impératif. Ne pas montrer que tu es droguée, ne pas trahir la noirceur de ton coeur. Toujours rester le petit ange que tu dois être, ce rôle qu'on t'a assigné. Alors tu te colles à elle, mais tu ne fais rien de répréhensible. Tu t'amuses, comme toute jeune fille de vingt et un an peut le faire. Ce lieu est peuplé de sympathisants Capulet et potentiellement des membres de ta famille. Alors, tu ne dois pas te vautrer dans le pêché. Pas devant eux, du moins. Il y a bien d'autres endroits pour te laisser aller à tes pulsions. Drogues, baise et toute la panoplie doivent rester cachées, à tout prix.

Vous voilà donc, fendant la foule, n'ayant pas besoin de cette attention pour continuer vos peregrinations. Vestales détraquées, vous avancez dans la pénombre, jusqu'à quitter ce lieu maudit. Elle te demande ce que tu ressens. Toi ? Tu ne ressens plus grand chose, ces temps ci. Mais ce soir, tout est vif en toi, toutes tes sensations sont plus fortes, tu sens l'air moite de la nuit contre tes bras nus, la rumeur de la ville à moitié endormie te berce et tes yeux fixent un instant la lune, pleine et scintillante. Un court instant de beauté, dans cette ville laide et abjecte. Ton esprit se redirige vers Scar, ton éternelle guide, à qui tu tiens la main. Tu la serres même, comme si tu avais peur qu'elle t'abandonne, qu'elle te laisse seule dans ce monde horrible. Tu n'arrives pas à lui dire ce que tu ressens, aucun son ne sort de ta bouche et ton esprit est désespérément vide. Et là, tu la regardes, se dévêtir et rejoindre l'autre rive.  Tes yeux la détaillent, tu n'es pas insensible aux charmes féminins, surtout dans un contexte pareil. La voilà qui rejoint un lieu interdit, où tu te rends pourtant, parfois, pour tes fameux clichés. Elle t'invite, tentatrice, comme toujours. Tu n'hésites pas une seconde. Un sourire carnassier aux lèvres, tu regardes ce corps au loin, a priori blessé, mais vivant. Tu veux saisir le dernier souffle de cette femme, le sentir contre ta peau, voir la vie la quitter. Alors, tu imites Scar, tu laisses tomber ta robe, te retrouvant dans tes sous-vêtement roses en dentelle.

Aux côtés de Scar, tu observes le corps, fascinée par ce spectacle dont tu ne te lasses pas. Ton coeur accélère encore. Tu t'agenouilles devant le corps, comme si tu t'apprêtais à prier devant une sépulture ou devant les reliques d'un saint. Mais c'est mieux, encore. Une morte. Tu as dû rater son dernier souffle durant la traversée. Tant pis. Le spectacle est  toujours là. Cette peau blafarde, ce sang qui doit être encore chaud, ces lèvres violettes. Tu ne peux t'empêcher de dire : « Tu me demandais ce que je ressentais. En voyant cela, un apaisement. Une quiétude totale. Un puissant plaisir esthétique aussi. Rien ne me procure cela, sur cette terre. »  Tes doigts vont cueillir un peu de sang tiède et tu peins tes lèvres de ce rouge écarlate. Tes sens t'ont définitivement quittée. Alors, tu approches de Scar et cette fois-ci, c'est à toi de repousser les limites. D'être mauvaise. Tu fixes Scar, de ton petit regard mi-innocent mi-pervers. Tu le maîtrises mieux que personne, après plusieurs années de pratique. Tu l'invites à s'assoir au sol, à tes côtés. Là, ta main se pose sur sa cuisse et tu la remontes lentement, le long de sa peau nacrée. Tu lui dis, comme si de rien était : « Et toi, tu ressens quoi, à cet instant précis ? » Elle voulait te piéger. T'empoisonner. Mais c'est toi, qui va l'empoisonner, la faire lâcher prise, la contrôler.  Alors, tu agrippes sa nuque de ta main pour la forcer à venir à toi et dépose un baiser sur ses lèvres, pour qu'elle goûte à ce sang et, de nouveau, à tes lèvres. Qu'elle te suive dans tes délires morbides. Baiser tendre, en total décalage avec la scène. Mais tu agrippes fortement sa nuque, toujours, comme pour lui signifier qu'ici, elle est tienne. De ton autre main, tu continues de caresser sa cuisse, n'ayant que faire de la présence d'un cadavre à vos côtés. Au contraire. La morte te pousse à vivre, toi, à passer au dessus des conventions l'espace de quelques heures, à cesser, momentanément, d'être la Ruby qu'on t'impose depuis toujours. Etre libre, enfin.
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bang bang
. ✦ ⊹ Jeu 1 Fév - 18:20 ⊹ ✦ .
Elle sent les fils qui l'étreignent, sa jolie figurine, pantin entre ses doigts fins. Elle réalise pour un instant de pleine lucidité la toile qui se referme toujours plus fort contre sa peau et Scarlett se délecte des émotions successives peintes sur les traits de son héroine renaissance. Elle devient confuse, sa belle Ruby, torturée, désorientée, attirée et belliqueuse à la fois, incapable de se draper autrement que dans l'arrogance nauséabonde de sa famille, ces Capulet qui se croient Empereurs éternels, incapables de réaliser le monde qui se métamorphose sur leurs yeux jusqu'à être avalés par un grand trou noir. Les sentiments dansent sur les traits de Ruby et la succube darde sur elle ses opales indolentes, à la fois dévotes et un rien moqueuses. Elle observe le mécanisme de ses traits, ses efforts titanesques pour gommer de son minois de poupée tout ce qui l'accable, jusqu'à faire son épiderme porcelaine et neutre. La menace glisse sur la peau de Scarlett sans l'atteindre. Tout juste réprime-t-elle un frisson d'extase à l'idée de voir le chaton essayer de mordre ses phalanges câlines. "Alors qu'il en soit ainsi." tranche l'impétueuse qui n'essaye plus d'estomper le feu grégeois de ses prunelles insondables. Elle est obstinée Scarlett, déterminée à périr sous les coups plutôt que de concéder quoi que ce soit. "La crainte est le levier des faibles." Je n'ai pas peur de vous, de toi, ni de personne Ruby, tu entends ? C'est ce que murmurent ses pulpeuses au sourire d'Enfer. Scar s'exprime avec une langueur teintée d'érotisme, comme si tout ceci n'était qu'un jeu, comme si rien n'avait d'importance et certainement pas son existence. C'est vrai. Elle n'accorde que peu de crédit à son propre souffle, tout juste l'estime-t-elle plus que le reste du monde ... On la pense prétentieuse, suffisante mais c'est faux. Scarlett ne s'aime pas, le désintérêt qu'elle éprouve pour le reste du monde est simplement plus criant. Et délestée de l'aura de la peur qui en freinerait plus d'un, elle glisse, insaisissable, entre les tenailles Capulet.
Mais la princesse de rien se calme et se laisse emporter par la musique, par ses sens, par la drogue qui se dissout dans ses veines, fait cogner son myocarde plus fort, explose son encéphale d'endorphine, d'adrénaline et de toutes les merdes chimiques qui la bousilleront, acide sur la peau. Elles dansent ensemble, se meuvent au rythme qui n'existe qu'entre elles, celui de l'attraction brute, des envies inassouvies. L'angelot innocent vient s'acoquiner à son opposé le plus littéral. Elle goûte la saveur de sa peau, teste ses propres chaînes pour venir les briser contre les courbes enjôleuses pressées contre les siennes. Absorbée par le spectacle qu'elle lui offre, pupilles dilatées et lèvres lascives, entrouvertes, Scarlett jouit de l'emprise des metteurs en scène, des omniscients qui vivent là-haut, juste au-dessus de la scène qu'ils ont créée. Déesse païenne privée d'autel, elle observe son petit théâtre et prend son pied face à l'innocence écornée d'une môme rêvant à plus vaste que son univers étiolé. Ruby, entourée d'or et de papier ouaté rêve de se frotter au brûlant de l'acier, aux déchirures des chairs, à la mort qui rôde au Sud. Elle s'enivre de l'interdit, le frôle sans jamais le saisir à mains nues et à chaque entrevue, la jolie sirène est plus proche de la noyade. Scarlett, maestro à l'aube d'une symphonie, n'a plus qu'à laisser sa mélodie hypnotique guider la princesse sur le fil des Parques.
Elle effleure ses reins, savoure la tendresse de sa peau sous ses canines retroussées, brûle de sa chaleur et lorsqu'elle sent son Iphigénie sacrificielle plus réceptive, plus sauvage, elle l'entraîne à sa suite. Loin des siens. Loin de son domaine où les sbires veillent partout. Où elle ne peut se libérer du carcan qui l'étouffe et devenir à la fois elle-même et cette réminiscence du passé, Shelby Salinger hallucinée. La rivière Verona s'impose d'elle-même, bouillonnante et tumultueuse, crasse des crimes dont elle a souvent été témoin ou complice. Loin d'être effrayée à l'idée de salir une peau déjà souillée par ses soins, de cicatrices, de baisers voraces, de coups de reins, elle plonge dans les eaux noires du fleuve pour atteindre l'autre rive. Nymphe désaxée sous la pâleur de la lune, immaculée dans sa lingerie fine, sombre au creux des iris qui pénètrent Ruby, l'invitent à la rejoindre. La morte est une aubaine, un indice glissé sur les chemins sinueux qu'elle emprunte, chaque jour plus troubles : tu es sur la bonne voie. C'est ce que Scarlett entend, dans le murmure du vent, dans le sable saturé de carmin. Elle fixe longuement le cadavre, rétines fiévreuses dardées sur le béant de ses veines. Ce n'est pas la cause de sa mort, les coupures sont inexactes, confuses et peu profondes, résultat d'une jeune fille plus triste que désespérée. Et pourtant, la vie ne brille plus dans ses yeux voilés rivés vers le ciel et elle ne cherche pas la cause du décès : à quoi bon ? Ce n'est qu'un cadavre de plus dans un désert cimetière et contrairement aux macchabées habituels, celui-ci sert sa cause. Aimant plus puissant encore que la propre aura de mystère qu'elle cultive pour plaire à l'enfant Capulet, la mort attire Ruby jusqu'à elle. Elle quitte ses précieux atours, se déleste de ses vêtements sages comme d'une mue trop étroite et Scar dévore du regard le spectacle sous ses yeux. La naissance de Vénus. Ruby sort des eaux glaciales, lingerie suffisamment pâle pour se confondre avec la blancheur de sa peau et tombe à genoux devant le cadavre encore tiède. Elle lui arrache un sourire, cette môme fascinée par le morbide, la colombe se rêvant corbeau et les pulpeuses de Scarlett se fendent d'une esquisse reptilienne, dangereuse. L'improvisation est de mise mais ses pions glissent sans effort : c'est dans la (auto) destruction qu'elle sort toujours victorieuse.
Une fois de plus, Scarlett se fait ombre, diable sur l'épaule de la blondeur juvénile. Elle foule le sol meuble jusqu'à elle, dépose une paume amie contre son épaule et caresse tendrement l'épiderme fébrile à ses côtés. Ruby s'exprime enfin et ses doigts câlins l'invitent à se confier. Elle fait naître la pression au creux de sa nuque, s'abreuve de l'épiderme fin, là où pulse une jugulaire dératée et s'amuse des mots qui coulent de ses lèvres divines. Elle est morbide, la femme-enfant et à l'intérieur, le palpitant nécrosé de Scar bat plus fort sous les gestes macabres de Ruby. Elle profane la tombe à ciel ouvert pour peindre ses lèvres de pourpre et elle retient un rire mauvais, l'intrigante, regrette de n'avoir rien pour capturer l'instant présent : la gamine Capulet ivre de sang, ça vaudrait de l'or sur le marché des capitaux. Mais derrière le matérialisme qu'elle assume, l'argent n'est pas son motif. Scarlett en a besoin pour maintenir à flots une illusion coûteuse mais n'éprouve rien à se rendre esclave de billets sans odeur. Ils lui sont nécessaires, voilà tout. La poupée de son l'appelle et elle tombe près d'elle, faussement vulnérable, tragiquement offerte. Ses prunelles explosées par la drogue brûlent d'un désir moite que Scar connaît bien : la soif de possession, instrument des hommes et qui nimbe sa vestale désarticulée. Elle la laisse s'approcher, range ses griffes et dissimule ses canines, accepte de rentrer dans les danses qui ne sont pas les siennes. Scarlett est la maîtresse de son monde, pas un vulgaire pion que l'on cache entre ses doigts. Mais elle accepte de se laisser coloniser par sa poupée, qui pénètre bien volontiers dans les mâchoires d'acier d'un piège dont elle ne discerne pas les contours. Et ça l'excite, Scar, cette emprise invisible et pourtant palpable, la tension insidieuse entre elles et les mains électriques de la Capulet sur sa peau. Son physique de naïade est son arme la plus affûtée, celle qu'elle souhaiterait temple inviolé, elle qui rechigne à se sentir utilisée, usée jusqu'à la moelle et dont elle est use pourtant, kamikaze devant l'éternel. Scarlett se moque, de ce qu'elle veut réellement, elle combat les lignes ennemies armées jusqu'aux dents, courbes divines et matière grise retorse. Et ça lui plaît, d'offrir à Ruby l'illusion du pouvoir, de sentir sa peau crépiter sous ses doigts délicats. Elle feint la perte de contrôle, débande les muscles, rejette sa nuque en arrière dans un abandon qu'elle est loin de ressentir. Scarlett est présente, ancrée dans la scène comme rarement, elle calcule les coups et les probabilités, apprécie le contact de la chair, si faible sans la laisser dominer outre mesure. La question de Ruby arrache un sourire en coin, énigmatique et vaporeux, le genre insondable. "Je me sens l'âme d'un Pygmalion." souffle chaud contre paume moite, propos polysémiques contre caresses charnelles. Elle soutient son regard Scarlett, sans s'expliquer sur le sens de sa prose. Elle rêve de la façonner, de la réveiller, de la libérer de cette prison de chair. De l'emmener plus loin dans le carnage de ses tenèbres, là d'où personne ne revient jamais ... Et si pour cela, elle doit la laisser s'approcher plus près, encore plus près, ainsi soit-il.
La poupée s'accroche à sa nuque et Scarlett se presse contre sa peau nue, s'empare de sa taille de guêpe plus que d'abeille, éprouve ses hanches sous ses ongles carnassiers. Elle lui laisse la main, à Ruby, accepte de se soumettre à ses désirs, à sa brutalité ou à sa tendresse, peu importe. Ses opales fiévreuses l'invitent à prendre ce qu'elle désire, à s'enfoncer plus loin dans la débauche, à quitter enfin le masque écrasant de son illustre famille. Ruby baise sa bouche, le goût métallique d'un sang inconnu se mêle au sucré de sa langue chargée de cocktails. Et c'est bon. C'est bon de la sentir encore vaciller, perdue entre ce qu'elle devrait et ce qu'elle voudrait. C'est excitant de la voir hésiter, baiser plume, lèvres caresses contre poigne d'acier qui l'attire sans cesse à elle. Scarlett la bonne fée l'aide à choisir. Ses lèvres voraces se repaissent des siennes, ses mains s'aimantent à sa peau, emprisonnent déjà un sein et elle se raccroche à sa bouche comme une forcenée, dopée à elle. Comme si seule Ruby comptait, elle et le pourpre étalé sur sa mâchoire. Elle gémit contre ses lèvres, l'appelle à elle, sirène des profondeurs, ne la libère pas de son étreinte, malgré son souffle court et ses poumons en feu. Ça doit venir d'elle. Elle qui colonise déjà sa cuisse, toujours plus haut, elle qui redouble d'intensité contre les courbes aguerries de Scar ... elle qui finit par s'écarter, suffisamment pour libérer sa bouche, elle aussi souillée de pourpre. Scarlett darde sur elle l'un de ses regards faucon, et délicatement, saisit l'un des poignets béants du cadavre à leurs côtés. "Elle ne voulait pas mourir, regarde ses poignets." La coupure est superficielle, sans suivre le tracé tumultueux des veines, elle s'étale à l'horizontale. Lentement, Scarlett libère ses propres poignets des bijoux qui les dissimule au monde et offre à Ruby un pan de son intimité. La vraie. La vérité brute, nue, aide toujours à tisser le faux tout autour et les illusions se maintiennent seulement car leur noyau est solide. Concret. Palpable. Elle glisse son avant-bras contre sa cuisse, où s'épanouissent les cicatrices d'une enfance tourmentée, entre les croissants de lune tatoués. "Il faut suivre la rivière pourpre, le sens des veines." Ses phalanges attrapent les doigts de sa poupée, l'invitent à glisser sur la peau fine et torturée. Scarlett n'a jamais voulu mourir. Elle ne tenait pas à la vie, pas plus qu'aujourd'hui, mais ce qui motivait ses expériences, c'était la frustration, non l'envie d'en finir. Ne pas ressentir la rendait dingue, suffisamment pour taillader son épiderme, rechercher le danger et s'y engouffrer jusqu'à la lie. Doucement, elle brise leur proximité pour fouiller le sac de la victime, le myocarde aux aguets à l'idée d'y trouver ce qu'elle cherche. Ce n'est pas un cran d'arrêt, mais cela fera l'affaire : un couteau suisse, à la lame argentée. Son arme de fortune entre les mains, Scarlett se rapproche de Ruby, tentatrice du malin, la mort entre ses mains. Ses prunelles fauves n'ont plus rien de la fausse candeur qui les nimbe parfois, alors que la lame coule déjà sur l'épiderme de Ruby. Innocemment. Elle tranche la bride de son soutien-gorge d'un geste mesuré, et vient murmurer suavement à son oreille. "Tu as confiance en moi ?" Elle soutient son regard, n'attend pas de réponse précise. Elle le ressent, son assentiment, sa curiosité pour la beauté du mal, du sale. "Cette quiétude là sera sans égale, je te le promets. On n'est jamais autant apaisé qu'en frôlant la mort." Regarde les traits de cette fille, Ruby, regarde comme elle a l'air heureux, elle qui n'a pourtant pas désiré la mort. Elle murmure contre sa bouche, caresse ses flancs tendrement d'une main fébrile alors que l'autre, elle, ne tremble pas.
La lame argentée semble presque sensuelle, tandis qu'elle coule sur la peau dans une caresse soyeuse, presque inoffensive. Jusqu'à sentir l'attrait de la chair sous ses crans, et plonger dans la rivière bleutée et sinueuse qui s'étend juste sous elle. Dans le sens de la longueur, celui du trépas. Mais elle grignote au lieu de mordre, reste superficielle plutôt que létale. Il serait pourtant facile de l'achever, ici et maintenant, le palpitant en vrac à l'idée de sa vengeance entamée. Mais Scar est une prédatrice, elle aime le goût du sang, se repaît du jeu et cherche l'absolution : Ruby deviendra son agneau égorgé lorsqu'elle l'aura décidé, lorsqu'elle sera prisonnière sous sa coupe, empoisonnée par ses lèvres, ses mots, ses reins. Il est trop tôt pour cela et elle rêve sa chute lente et esthétique. Alors la lame furète, artistique plus que douloureuse et de ses phalanges abandonnées, Scarlett vient goûter aux bijou interdit de Ruby, à travers la dentelle de sa lingerie fine. Elle mord et caresse à la fois, donne et reprend pour mieux emprisonner sa proie consentante entre délice et torture.
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Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les cœurs, où tous les vins coulaient. un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. − et je l'ai trouvée amère. − et je l'ai injuriée..
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bang bang
. ✦ ⊹ Dim 11 Fév - 19:19 ⊹ ✦ .
Tableau inédit et macabre, de deux jeunes femmes dénudées, s'enlaçant, au bord de la rivière, près d'une autre femme, qui elle, a rejoint le royaume des morts. Une vision qui assurerait une crise cardiaque à ton paternel et à une grande partie des sympathisants Capulet. Toi, l'enfant sage, modèle. L'éternelle ingénue. Qui s'abandonne aux plaisirs saphiques... Tu n'es pas peu fière de casser ton image d'enfant modèle. Tu finiras par le regretter mais tu n'es pas en mesure de véritablement réfléchir à cet instant. Ta raison t'a quittée il y a bien longtemps, quand tu as ingéré la drogue inconnue, puis, lorsque tu as dansé contre elle, senti la chaleur de sa peau contre la tienne. Quand elle t'a ensorcelée, avec ses gestes amples et doux, le feulement de sa voix et son regard profond. Tu es sa marionnette, entièrement abandonnée à elle, dans un cadre que ton esprit détraqué qualifierait de romantique. Cette belle morte à la peau livide, l'eau sombre de la rivière, le reflet de la lune dans l'eau, les lumières scintillantes de la ville au loin. Tout cela est si beau, à tes yeux, et le cadre rêvé pour te laisser aller à tes désirs.

Tu n'as jamais été véritablement intéressée par les femmes. Personne ne t'intéresse, d'ailleurs, à part ta propre personne. Mais elle, est différente. Elle te fascine, te subjugue, t'hypnotise presque. Et tu crois toujours la maîtriser, à cet instant précis. Etre en position de pouvoir. Elle s'allonge à côté de toi, offerte. Une invitation sans équivoque. Tu tombes dans le piège, bien sûr. Scarlett est là, superbe dans sa quasi nudité, sans défense et tu t'imagines pouvoir la posséder. La drogue te joue des tours et détraque complètement ton jugement. Tu viens te coller contre elle, sur elle, pour lui montrer qu'elle t'appartient, l'espace de quelques minutes du moins. Tu entoures son visage de tes mains et tes lèvres viennent de nouveau rencontrer les siennes, dans une étreinte fougueuse, violente, où tu laisses exprimer pleinement tes pulsions érotiques. Et tu veux lui montrer que tu es forte. Que tu la tiens entre tes griffes.

La fièvre au corps, le sang bouillant dans tes veines, le coeur battant à tout rompre, pendue aux lèvres du démon. Mais quel démon ! Une tentatrice sublime, pire que Salomé et Judith réunies. Mais tu es terriblement candide. Tu prends tes grands airs bien sûr, mais tu ne contrôles plus rien, sous l'effet de la drogue et dans l'emprise de ses lèvres. Tu as cru, un instant, pouvoir regagner le contrôle. Tout cela n'est qu'illusion. Tu ne gagneras rien, ce soir. Au contraire. Elle te dirige vers des profondeurs insoupçonnées, elle te pousse littéralement vers le précipice et toi, tu y sautes à pieds joints. Elle dit se sentir l'âme d'un Pygmalion. Tu ne saisis pas les implications, les sous-entendus de telles paroles. De toute façon, tu n'écoutes plus rien, tu n'entends plus rien, si ce n'est le battement monstrueux de ton coeur. Qui devrait t'alerter sur la drogue que tu as pris quelques minutes plus tôt.

Ses caresses sont exquises et te font perdre le peu de raison qu'il te reste. Sa main s'aventure sur ta peau, et tu en fais de même sur la sienne. Tu agrippes sa nuque, tires légèrement ses cheveux, glisses tes doigts entre ses cuisses. Jusqu'à ce que, brusquement, elle redirige ton attention vers le cadavre. Tu suis ses instructions et regardes ses poignets. Puis, elle te montre les siens, constellés de cicatrices, dont tu ignores les origines. Tu fais lentement glisser tes doigts sur ces traces. Prise d'envies sadiques, tu t'imagines ré-ouvrir ces plaies et voir son sang couler. Te réjouir d'une telle vision. Mais tu n'as guère le temps de penser à cela. La voilà qui sort un couteau, le plus naturellement du monde. Défoncée que tu es, tu n'as évidemment pas la présence d'esprit de t'enfuir à toutes jambes à ce moment précis. Non, tu regardes la lame, fascinée, comme tu l'es toujours vis à vis des armes, d'ailleurs. Tu prononces les mots fatals. Une incitation à la mort. «  Oui, je te fais confiance. Fais ce que tu veux de moi. » Tu as définitivement abdiqué et tu t'enfonces dans les ténèbres. Tu as compris ce qu'elle attend de toi et tu acceptes sa proposition. Sans aucune résistance. Ta masquerade de pouvoir, tes désirs de domination se sont brusquement éteints. Détruits. Entièrement à sa merci, douce innocente dans les mains du diable, tu la laisses s'emparer de toi.

Soudain, tu sens la lame, qui glisse sur ta peau. Douleur faible, mais qui se transmet néanmoins dans tout ton corps. La lame se balade sur ta peau, et ivre de cette sensation inconnue jusqu'alors, entièrement parcourue de frissons, tu clos les paupières. Bercée par ce geste doux. Une caresse mortifère, que tu accueilles avec quiétude et docilité. La douleur devient plus vive au fur et à mesure. Mais tu ne fais aucun signe de résistance. Au contraire. Lorsqu'elle s'aventure vers ton entrejambe, tu tressailles. Ce mélange de douleur et de plaisir est inédit pour toi et t'emmènes ailleurs, très loin, dans un autre monde. Plus rien n'existe. Seulement elle, toi, et ses gestes envoûtants. Eros et Thanatos co-habitent, là, entre vous. Des petits gémissements s'échappent de ta bouche, seuls bruits dans la nuit silencieuse.

La lame ne s'enfonce pas assez en toi pour te mettre véritablement en danger. Pas assez, peut-être. Assujettie à elle, tu aimerais presque qu'elle en finisse avec toi. Qu'elle te tue, ici. Qu'elle enfonce plus fortement la lame, et qu'elle imite ce mouvement avec ses lèvres et sa langue. Alors, tu lui dis, entre deux gémissements rauques, ce mot si simple mais si dangereux à la fois: « Continue... » Mais, brusquement, tu te ravises. Qu'elle continue de te faire plaisir, ça, tu le souhaites. Mais tu ne veux plus qu'elle t'inflige ces blessures. « Mais donne moi le couteau. » Un ordre, un soupçon de contrôle. Tu veux sentir ce que cela fait, de t'auto détruire, de manier le couteau toi-même. D'appeler la mort et de la laisser te saisir.
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☾ destiny : 28/09/2017
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☾ dustland dreams : gravir la tour d'opale de l'échelle sociale et jouer au sale môme qui bousille la fourmilière rien que pour le plaisir de noyer le désert sous les rivières pourpres

bang bang
. ✦ ⊹ Dim 11 Mar - 19:11 ⊹ ✦ .
Fais ce que tu veux de moi.
Le bourdonnement lancinant, presque suppliant, de l'abeille affaiblie par la drogue électrise Scarlett, qui se fait chef d'orchestre au doigté magistral. Elle mène sa princesse à la baguette de sa symphonie, alterne les envolées lyriques et le silence de ses phalanges conquérantes. Tantôt tendres ou vengeresses au gré des croches et des arpèges. Ruby gémit, d'un timbre rauque qui résonne dans la nuit et elle ondule contre les courbes qui la maintiennent au sol, sous son influence envoûtante. La symphonie serait presque complète, mêlée de pourpre et d'or, de douleur et d'abandon mais l'abeille dopée gémit, rêve à plus. Réclame le couteau, brisant la magie de ce ballet entêtant. La main qui caresse achève sa partition sur un point de suspension et celle qui glisse le long des rivières pourpres suit le même chemin. Scarlett aux opales ténébreuses surplombe sa marionnette plus docile que jamais. Offerte. Ses yeux faucon se font scalpel contre sa peau et elle la dévisage longuement. Teint plus pâle qu'à l'ordinaire, pupilles dilatées entourées de constellations écarlates ... elle est déjà partie, Ruby, et lui offrir de quoi mettre les voiles est hors de question. La lame reste sagement entre ses doigts câlins à elle, tant par méfiance organique que par crainte de voir l'abeille ivre d'adrénaline lui voler la vengeance esthétique qui lui revient de droit. "Non." Une négation implacable, susurrée pourtant avec une tendresse ineffable. Le couteau vient effleurer la pâleur de ses joues, dans une étreinte mortifère qui glisse mais ne mord pas. "Laisse-moi veiller sur toi. Tu n'es plus en mesure d'agir selon ta volonté." Car dorénavant, c'est la mienne qui te guidera, à chacun de tes pas. C'est ce qu'elle sous-entend, Scarlett, derrière la prévenance de son timbre, derrière la chaleur de son corps pressé contre le sien, suffisamment pour l'empêcher de la fuir, pas assez pour l'inquiéter. "Quand le moment viendra, tu en auras pleinement conscience. Tu le sentiras .... ici Ses doigts s'aventurent contre son sein, s'y referment pour quelques secondes et cajolent le palpitant détraqué qui vibre sous sa paume brûlante. et ." Les phalanges qui coulent le long de son ventre satiné pour venir flatter ses entrailles, là où les tripes palpitent et offrent souvent les impulsions les plus puissantes. Le désir, la colère, la haine, l'envie de finir ... tout se fait et se défait ici. Et lorsque Ruby aura poursuivi son enseignement sans coup de pouce, lorsqu'elle décidera de son plein gré de s'abandonner aux bras d'une divinité bien plus ferme que Morphée ... Scarlett ne l'en empêchera pas cette fois. Mais quel gloire retirerait-elle à l'idée d'annihiler une môme dopée jusqu'à l'os ? Vaincre sans péril ne l'intéresse pas, elle qui nargue les balles et les gangs.
Et comme une récompense à l'obéissance tacite de Ruby, esprit égaré qui semble chaque seconde plus pâle, Scarlett lui offre encore un peu de ce plaisir létal. Elle ondoie lentement entre les cuisses fuselées de la nymphe, qu'elle écarte du contact glacé de sa lame. Et tout aussi délicatement, dans cette nuit moite où le plaisir et la douleur se mêlent ... elle laisse le couteau retracer le velouté de ses cuisses et en mordre l'intérieur. Une nouvelle blessure superficielle trace un chemin sanglant jusqu'à la lingerie inviolée de Ruby, que Scarlett s'empresse de suivre de ses pulpeuses. Elle baise la peau teintée de pourpre, joue parfois de ses canines pour en apprécier la saveur alors que sa main libre s'accroche à ses hanches, frôle la peau tendue de son ventre et libère sa poupée de sa prison de tissu. La culotte glisse le long de ses jambes interminables et Scarlett accélère la chute de ce dernier rempart en rompant la soie de sa lame. Comme un drapeau blanc signifiant la fin d'une trêve, la lingerie échoue au sol et elle sourit, la belle, en goûtant la saveur du sang vicié contre ses lèvres, estampillé Capulet. Un frisson remonte sa colonne vertébrale qui vibre du pouvoir dont elle jouit sur la jolie abeille, chargé d'endorphines ... et de répulsion. Le goût de fer sur sa langue, vermeil, est chargé de l'essence même de cette famille qu'elle rêve d'exterminer et l'idée même qu'il inonde bientôt le désert suffit à connecter Scar au moment, à lui faire oublier les fils savants reliant le crâne de Ruby et ses propres paumes pour se recentrer sur elle. Elle et son impatience, elle et son plaisir, elle et le sang qui s'écoule lentement de ses plaies. Ses lèvres charnues rejoignent la peau de pêche de son ventre et Scarlett l'embrase en l'embrassant graduellement, lentement, glissant jusqu'à ses lèvres ouvertes, offertes, pour mieux les frustrer en caressant finement de sa bouche l'intérieur de ses cuisses. Scar apprivoise longuement l'ange du Malin à sa merci, goûte son épiderme et caresse sa chair de la main comme de la lame ... avant de replier celle-ci pour la porter contre son sein. A l'abri des doigts désireux de Ruby. "Tu sais que tu éprouves le même abandon dans le plaisir que dans la mort ? Un infime instant éphémère qui abolit toutes les tensions de la vie." souffle Scarlett, languide, alors que ses phalanges câlines viennent caresser son intimité, écartent délicatement les pétales pour se glisser dans l'écrin de la princesse et métamorphoser ses mots en sensations, sublimées dans la gorge de Ruby. L'orgasme ne s'appelle pas la petite mort pour rien. Il y ressemble, dans l'embrasement des sens le plus absolu et cette absence de tout pour une seconde suspendue hors du temps. Rien d'autre que le néant et l'âme calcinée. Après un regard de b(r)aise qui en dit long, qui s'ancre aux opales troublées de Ruby, Scar la dévore toute entière. Laisse ses lèvres la goûter, sa langue la faire sienne dans un lien invisible qu'elle ne distingue pas. La poupée s'anime, s'agite et elle cesse sa délicieuse torture, les baisers soufflés près de la source son plaisir, trop près, sans jamais le cueillir tout à fait. Sans jamais le frôler, l'effleurer. Vénéneuse, elle vient à l'empoisonner lui aussi, à lui offrir ses lèvres toxiques, ses doigts empoisonnés et une attention langoureuse, sans cesse renouvelée par les soupirs de Ruby, sa façon d'ondoyer contre elle. Scarlett s'emploie à lui offrir une déflagration, un tremblement interne qui ne se contentera pas de ses cuisses qui vacillent, mais qui surgira des abysses, naîtra sous son nombril et l'emportera toute entière.
Elle croit que ça vient. Les râles de sa princesse se font plus gutturaux, ses gestes incontrôlés plus forts, comme les siens qui gagnent en intensité, en violence doucereuse tapie derrière une embrassade fiévreuse à mesure que le corps de Ruby réagit aux délices de ses courbes. Mais tout s'emballe. Les gestes crispés se font saccadés et ce qu'elle exultait de plaisir meurt dans sa gorge. Scarlett l'ignore royalement, laisse ses phalanges frénétiques achever de la conduire au firmament, guidées par sa bouche conquérante. Qu'elle s'abandonne, entièrement. Qu'elle continue de gémir, de brûler, de trembler sous son emprise. Jusqu'à ce que ... Ruby convulse ? Scarlett l'abandonne brutalement pour remonter jusqu'à son visage, saisi entre ses doigts fins. Elle a les traits glacés de sueur, les yeux fous qui roulent dans les orbites et la bouche tremblante, qui gémit de douleur comme de plaisir il y a quelques secondes. Putain de merde. Elle refuse, Scar. Elle refuse d'avoir avancé à ses côtés pendant des mois, sa main sagement posée au creux de son dos pour la pousser toujours plus loin ... pour ça. Une fin indigne d'elle-même. "Ruby tu m'entends ?" Doucement, la metteur en scène secoue l'épaule de son actrice. "Reste avec moi." Ses phalanges au goût d'elle claquent durement contre sa joue rebondie, alors qu'elle l'aide à basculer sur le côté, contre elle. Le visage de la poupée contre son sein de Madone, la scène surréaliste semblerait presque belle, de loin. La vie qui lutte contre la mort, déjà installée à deux pas d'elles. Scarlett aux doigts guérisseurs glissés dans ses mèches blondes, Scarlett à la volonté inébranlable qui fusille du regard l'inanimée comme si elle avait le pouvoir de faire reculer les éléments et même le trépas. L'écume qui monte aux lèvres de Ruby, essuyée rageusement. Elle perd le contrôle, Scar et enfonce ses ongles écarlates dans le menton de la belle au bois dormant, refusant cette fin qu'elle n'a pas orchestrée. "Ecoute moi bien petite conne, ce n'est pas à toi de décider." siffle Scarlett entre ses lèvres charnues, le coeur battant à l'idée de perdre une bataille menée d'une main de maître. Le poids du couteau se fait plus lourd contre sa poitrine, dévoilant en filigrane son potentiel létal. Elle n'aurait qu'à plonger la lame. Décider d'en finir, même si cette partie conserverait un goût d'inachevé. Mais au même moment, la jeune femme inanimée contre elle entrouvre les paupières sur le visage soucieux penché au-dessus d'elle, un sourire tendre factice peint sur ses traits divins. "Ca va aller ?" Scarlett caresse délicatement ses joues, et s'écarte, laissant une Ruby dénudée reprendre connaissance. Contenance. "Ne me refais jamais ça." Ce n'est pas une supplique. C'est un ordre.
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